Marie Cosnay et "Les Métamorphoses" d'Ovide : l'Antiquité contemporaine...

Mis à jour : 24 avr. 2019

Les Métamorphoses d'Ovide, traduction de Marie Cosnay.

« Ovide pioche dans l’immense répertoire des mythologies grecques et romaines et recompose sa propre épopée pour nous raconter le monde. Ovide est un poète de l’amour, du désir et de l’orgueil, et ce qu’il nous livre est un immense roman d’aventure. » (Note de l’éditeur, Editions de l’Ogre, 2017)


Je me souviens m’être plongée avec délectation, il y a bien longtemps, dans ces histoires : des légendes, des aventures extraordinaires bien sûr, des contes, pourrait-on dire. Mais bien plus encore, une « explication » poétique du monde : un mythe serait une fiction complètement sortie de l’imaginaire. Oui et non ! Bien sûr que tout est inventé, c'est pour cela justement que tout est vrai. Le paradoxe n'est bien sûr qu'apparent. . La poésie d'Ovide est un détour pour "dire" le monde, le rendre présent, le « re-présenter", elle est en quête du sens des choses. Les légendes touchent au sensible, elles font aussi réfléchir aux grandes questions existentielles. Les métamorphoses ne racontent pas seulement, elles expliquent le monde et redéfinissent pour nous une approche de l'aventure humaine.


Dire le monde, notre monde.

Dans sa modernité. Qui a inventé l’aviation, si ce n’est Icare, le fils de Dédale, construisant la première machine s’élevant dans les airs pour échapper au labyrinthe où il était enfermé avec son père ? Ce dernier, architecte génial, s’était trouvé lui-même pris au piège de son œuvre !


Dans ses aspects les plus concrets.

Savez-vous pourquoi il y a des araignées ? L'arachnologie vous dira tout sur ces petites bêtes, mais le récit d'Ovide sur l'origine de cet animal est autrement plus parlant !La Lydienne Arachné était une tisserande qui se vantait de surpasser la déesse Pallas avec ses talents. Il y eut un concours. Pallas ne trouvant rien à reprocher à l’œuvre d’Arachné, déchira la toile de celle-ci et la frappa de sa navette. Arachné, désespérée par l’acte de la déesse, se pendit. Mais la déesse, émue lui rendit la vie et la métamorphosa en araignée pour qu’elle transmette son châtiment d’âge en âge et que jamais elle ne s’arrête de tisser.

Pourquoi y-a-il des déserts et des étendues glaciaires sur le globe (ou les rapports d'un père tout-puissant et de son fils)? D’où vient l’alternance des saisons ? Toutes vos questions trouveront réponse dans les Métamorphoses !

Ce n'est pas simplement le plaisir de lire des légendes, extra-ordinaires ou fantastiques. Le texte scrute aussi les motivations profondes des actions humaines, les rapports de pouvoir, l'ubris, l'amour, de soi et des autres, la mort, le temps.


Comment ne pas se laisser entraîner dans un texte qui nous raconte le monde ? « La traduction de Marie Cosnay ouvre un espace de lecture dans lequel on plonge pleinement, avec un étonnement qui, de métamorphose en métamorphose, ne se dément pas. Ovide est lisible, accessible, en continu. » (En attendant Nadeau, voir lien ci-dessous)

Dix ans de travail pour traduire ces 15 000 vers, et une réussite puisque qu'elle offre au lecteur la possibilité de prendre connaissance d'un texte dont la modernité (en ce sens qu'il nous touche malgré les quelques siècles qui nous séparent de son écriture) ne fait pas le moindre doute.


En savoir plus, en particulier sur le travail de traduction

https://www.en-attendant-nadeau.fr/2017/10/31/metamorphose-ovide-cosnay/

https://www.terreaciel.net/Les-Metamorphoses-quatre-questions-a-Marie-Cosnay#.XLLiqKQ6_IV

Et aussi cette émission

https://www.franceculture.fr/emissions/par-les-temps-qui-courent/marie-cosnay-ovide


©2019 by Tribune liVre(s). Proudly created with Wix.com