"Sombre dimanche" Alice Zeniter

Alice Zeniter a obtenu en 2013 le prix du Livre Inter pour Sombre Dimanche (Albin Michel).

 Depuis d’autres romans sont parus, dont L’art de perdre (Flammarion), prix Goncourt des lycéens en 2017.

Sombre dimanche est maintenant édité en Livre de Poche. L'occasion d'en reparler !


"Toutes les douleurs de l’arc-en-ciel »

Non pas couleurs… mais bien « douleurs » !

C’est au détour d’une page de Sombre dimanche d’Alice Zeniter que l’on découvre cette expression, surprenante, presque oxymorique.

Rêves brisés, « succession d’espoirs et de dépressions ». Des couleurs, des douleurs, autant de douleurs qu’il y a de couleurs.

Vivre à Budapest, de génération en génération, dans une cabane sur les rails, à côté d’une gare qui s’appelle Nyugati, ce qui signifie « Ouest », mais d’où « les trains foncent vers le nord, vers l’est »… et ne jamais partir ni passer de frontières.

Aimer une femme, « son ouest doré », et la perdre.

Aimer un homme venu d’ailleurs, être trahie, et se fermer définitivement à la vie et à l’amour.

Croire aux lendemains qui chantent quand la révolution de 1956 semble promettre le bonheur, et au lieu de cela, souffrir tout le reste de sa vie d’une double blessure : coeur brisé et jambe tordue.

Marcher, marcher, comme le dit la chanson triste qui ouvre et clôt le roman, se « tordre les chevilles », mais finalement tourner en rond, sans pouvoir échapper à ce destin qui, de père en fils, de femme en femme, s’acharne à abattre les hommes et les femmes.

Alors, c’est un roman du désespoir ? Un peu oui, mais…

… le « génie hongrois » (dont parle le grand-père) y est tout entier.

… c’est une écriture si maîtrisée et les personnages, leur(s) histoire(s) sont tellement présents et justes.

« Tout ce que je regrette, c’est de t’avoir tant aimé. » chante Agi, au bord d’un lac, où « le temps ne finit plus jamais ».





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